Petit départ

Posté par : Christophe

28 Septembre 2011

C’est sous la pression de quelques uns de nos amis que la décision a été prise de créer un blog pour ce voyage. Ceux là se reconnaîtrons. Beaucoup de temps s’est écoulé depuis la première fois que nous avons évoqué en famille l’idée de faire un petit voyage en bateau. A vrai dire six ans, c’est long. Mais l’idée a fait son chemin têtu et nous voilà tous au seuil du départ. Ou Presque. Rien n’est simple. Tout d’abord, il a fallu vendre notre premier bateau. Un coup dur pour tout le monde. A commencer par nos deux filles qui nous réclament encore leur monocoque. « Memories » : trois cabines, trente ans, 13 mètres. Ce bateau leur manque les soirs de petite fatique. Pourtant ce n’était pas une question d’espace dans les cabines, de hauteur sous barrot, de place sur le pont. Je pense que c’était un simple lien à leur première maison sur l’eau. Elles sont nées dessus. Leurs petites cabines étaient à leur taille (mais de moins en moins en grandissant). Les nombreuses sorties étaient à chaque fois un nouveau terrain de jeu, un changement de décors. Il a fallu promettre un nouveau bateau avec un grand trampoline, de grandes cabines, il a fallu promettre un voyage. Il a fallu vendre notre rêve à nos enfants jours après soirs.

     Donc, voilà notre bateau vendu et la quête peut commencer, la quête que connaît sans doute tout nouvel aspirant au voyage. Un nouveau bateau. Un multicoque. Une page de navigation se tourne pour la famille. La perspective d’une ligne d’horizon presque horizontale avec un peu de vitesse en plus. Comment évoquer ce souvenir de Caroline à la barre de « Memories » cherchant à grapiller un quart de noeud suplémentaire sur la route, histoire de raccourcir le près ou en prenant les vagues au bon moment pour tenter un surf qui ne venait pour ainsi dire jamais? La voile c’est génial, mais si on pouvait aller plus vite ce serait encore mieux. Si on pouvait éviter l’heure de rangement avant le départ. Si on pouvait manger dans le carré en regardant la mer. Si on pouvait, ce serait un catamaran. Les choses bassements matérielles ont donc été pesées, calculées, mesurées avec le plus de réalisme possible. Mais pas de rêve sans réalité. De toute cette soupe sont sorties plusieurs évidences. La route choisie a été parmi celles là. La Nouvelle Calédonie représente le cul de sac des îles de rêve du Pacifique sur la route des alizés. Nous avions beau retourner les vents dans tous les sens, la phrase de Caroline qui revenait comme un pivot dans ce projet a fini par poser l’évidence des choses. « J’aimerais tellement visiter la Polynésie en bateau. » Et le reste ? « D’accord, mais on verra après ». Comme il n’est pas question de faire (trop) de près avec un catamaran, il faut aller le chercher au deça du vent. Pas trop loin, pas trop près non plus. Il faut un endroit où l’on trouve suffisamment de bateaux pour avoir le choix. Bref les Antilles se sont imposées à nous. Un an c’est trop court, tout le monde le dit, mais ce sera un an quand même. C’est mieux que rien du tout.      Il a donc fallu aller sur place, c’est le début du voyage, c’est le petit départ. Visiter des bateaux dans un état précaire, à peine navigables en sortant des flottes de location. En trouver un forcément plus cher dans un état acceptable. Mais c’était bien le seul bateau que j’ai vu qui méritait que l’on mise nos économies dessus. Nous voilà donc théoriquementbientôt propriétaires après quelques déboires et beaucoup de stress d’un bahia 46 des chantiers Fountaine Pajot mis à l’eau en 2004. Acheter une telle machine d’aussi loin en pleine saison cyclonique aux petites Antilles relève d’une épreuve pour les nerfs et pour la solidité du projet. C’est un bon test dont on se serait passé.

     Pour l’heure, il me reste encore une quinzaine de jours de travail. Quinze jours, ce n’est plus grand chose, quelques gardes, quelques apéros avec mes collègues et mes amis du travail, histoire de fêter le début de ces longues vacances. Un an c’est long et si court à la fois, mais ça s’arrose.

     Il faut dans le même temps tout organiser : les bagages sont un véritable casse tête, que faut-il emmener et que faut-il laisser là? Donner à nos amis Catherine et Tugdual le soin délicat de nos affaires ici, tenter de tout organiser pour que cette tâche soit la plus simple possible. S’arracher progressivement et avec le bon tempo de notre vie ici. Toutes les listes que nous avions faites deviennent réalité. Et au milieu de tout ça, toujours la même question : qu’est ce qu’on oublie ? Il faut aussi se projeter et organiser notre arrivée en Martinique sur le bateau avec tous les entretiens qu’il faut programmer avant de partir. Heureusement que dans cette tâche, nous ne sommes pas seuls. Outre le soutien au projet apporté par ceux qui nous entourent, il y a Maxime. C’est lui qui s’est proposé, il y a six mois, de nous aider concrètement dans ce projet en y participant de tout son savoir faire. En pratique, il vient avec nous en Martinique afin de préparer le bateau et il prend la mer avec la famille. Là on se sent nettement moins seul. Et puis, il ne faut pas oublier Rodolphe, le frère de Caroline qui nous rejoint à Saint-Martin et part navigeur avec nous pour un délai encore indéterminé.

Petits déboires

Posté par : Christophe

30 Septembre 2011 à 08h

     Comme dans toute préparation d’un voyage il y a de petits moments de solitude. Le doute est toujours permis quand il s’agit de partir en bateau en famille. L’organisation que cela suppose est en fait énorme. On en prend vraiment conscience que lorsque on a le nez dedans. Avant, on se dit toujours qu’il va y avoir beaucoup de travail, qu’il va y avoir du stress. Le futur a bon dos. On ne réalise pas à quel point. Après de petits ennuis de crédits pour cause de banque frileuse, il y a eu cette surprise hier matin. Nous louons un local d’armement depuis près de six ans et là, au moment de venir régler le loyer pour l’année à venir, plus d’agence, disparue. Tout a été vendu. Contact un peu affolé de la nouvelle agence en charge de la location. Elle ne nous connait pas, ne sait même pas que ce local existe… Vingt-quatre heure d’angoisse avec un déménagement potentiel de toutes nos petites affaires accumulées dans ce réduit. Contact de tous nos amis pour préparer la fuite et récupérer quelques caisses et cartons. Heureusement tous répondent présents. Beaucoup de peur pour pas grand chose, au final le bail sera reconduit. Cela aura eu au moins un avantage : se décider à donner les rares meubles que nous avions gardé de notre vie terrestre il y a déjà six ans et, on l’éspère, faire plaisir à ces mêmes amis qui ont failli écoper des cartons. De toute manière, ce n’est à priori pas pour demain que l’on aura besoin des ces meubles. Pour vivre sur un bateau il ne faut pas être matérialiste. Oublier ses gardes robes, ses meubles en chène, ses multitudes de babioles comme une liste à la Prevert. On ne peut emporter que ce que la taille du bateau accepte. De toute manière, on voit bien que l’on ne se sert pas de la moitié de tout ce que l’on possède, c’est donc que tout cela ne sert à rien. Il vaut mieux donner et faire plaisir plutôt que de garder tout ça pour un avenir hypothétique qui ne viendra peut-être pas. Le prochain épisode sera donc un tri drastique de ce que ce local possède.

     Ce Week-End, on part en brousse avec nos amis Catherine et Tugdual, dans la maison des parents de Catherine. Au programme grillades, chasse au cerf, capture de cochons sauvage, baignade dans le creek. Ca va être génial. On a hâte d’y être.

Apéro coucher de soleil

Posté par : Christophe

16 Octobre 2011 à 01h

    Certaines personnes m’ont demandé de faire un apéro, histoire de dire au revoir. Mouais, pourquoi pas, mais il a fallu me pousser un peu. Il a fallu le mériter aussi, comme je n’aime pas les bars trop bruyants en début de soirée, notre choix s’est porté sur le Ouen toro. Un apéro en plein air salué par vingt noeuds d’alizé au coucher du soleil, eux qui n’avaient pas soufflé depuis si longtemps. Les préparatifs du voyage m’ont privé de planche à voile et c’est tant pis pour moi. Nos amis étaient là, ceux avec qui je travaille toute l’année, ceux là que je vois presque tous les jours et ceux là qui font aussi partie de ma vie en dehors du travail. Une petite soirée d’au revoir qui m’a fait énormément plaisir. Un petit mot laissé par certains (ci-dessus) dont il va falloir assumer les écrits pas toujours facile. Un moment d’amitié que je ne suis pas près d’oublier et qui me fera revenir sans doute le coeur plus léger.

     Il y a eu quelques cadeaux, des gens sérieux qui m’ont offert une excellente bouteille de Whisky, d’autres une non moins excellente zhuzhu pets…

     Il y a aussi eu de nombreuses petites fêtes de départ chez les uns et les autres qui nous ont tout autant fait chaud au coeur. Je ne cite personne de peur d’en oublier.

     Merci encore à tous et toutes.

     On prend l’avion demain pour la métropole, on retrouve le bateau dans une quinzaine de jours.

Une idée du bateau

Posté par : Christophe

29 Octobre 2011 à 16h

Bon, il est temps de vous parler de notre bateau. « Makonen ». Il a été baptisé ainsi et nous avons décidé de n’y rien changer.

C’est un Bahia 46 de 2004 issu des chantiers Fountaine-Pajot. C’est un bateau qui a bonne réputation et qui a été très largement diffusé,

notamment à la location. Le projet étant de poursuivre notre périple par une vie à bord (on ne s’en lasse pas) en Nouvelle Calédonie, il nous fallait un peu de place… Voilà, c’est chose faite. Le temps du monocoque est passé, les enfants ont grandi et le besoin de place se fait sentir, surtout si on veut qu’ils continuent à aimer ça autant que nous.

Pour les néophytes, 46 pieds, c’est 14 mètres, pour 7 de large. Ça fait une surface au pont largement suffisante. Une cabine pour chacun, même en cas de dispute. Si ça ce n’est pas du luxe. C’est aussi 14 mètres d’entretien assidu, mais ça c’est une autre histoire. On vous joint des photos, c’est plus parlant qu’un long texte de description.

C’était un navire au NUC, c’est à dire aux normes de commerce, ce qui est un gage d’entretien correct. Pour l’agrément du bord et pour celles qui se disent « mon dieu mais comment font-ils? », je donnerai une petite liste qui les soulagera sans doute. Il y a un frigo et même un congélateur. Il y a un dessalinisateur avec 180l/h de capacité fourni avec son groupe électrogène. Deux panneaux solaires de 100w chacun, un parc de batteries conséquent. Quatre grandes cabines plus des couchages un peu partout, quatre salles de bains (ce qui est beaucoup trop pour le skipper!). Il y a même, gage d’un surplus de confort dont l’utilité en mer est très discutable un climatiseur… Certains éléments pourraient avoir une panne de principe décidée unilatéralement et ce jusqu’à notre arrivée. Mais chut, il ne faut pas en parler.

On vous laisse donc avec quelques photos.

Encore quelques jours

Posté par : Christophe

30 Octobre 2011 à 12h

Plus qu’une semaine avant le coup d’envoi. Encore sept jours de préparatifs et de famille. Mettre notre vie en valise et tout apporter sur les Antilles relève du défi et surtout d’un sens aigu du tri. Un tri déjà largement entamé dès la Calédonie, mais qui ne cesse de se poursuivre. Pour les bagages nous avons mis à contribution tous les volontaires. Max se charge de la machine à pâtes, de divers ustensiles de cuisine et d’une grosse partie de la caisse à outils. Rodolphe quant à lui a hérité d’une bonne part des cartes papiers et de pas mal de livres. Un an de lecture, ça pèse lourd. La famille de Caroline qui nous rejoint à saint Martin se charge de vêtements pour l’essentiel, en tout quarante kilos. Autant dire que les bagages en soute arrivent à leur poids maximal autorisé. Ils sont pesés encore et encore sur les pèses personnes familiaux à défaut d’autre chose. Quant à nous, on prend le reste, tout le reste, petit accastillage, pharmacie (très lourde), informatique, cuisine, linge de maison, matériel de chasse, de pêche, de plongée (donné par Valérie a qui on dit encore un grand merci pour ce beau cadeau)… La liste est sans fin. Tout est réparti dans neuf bagages plus ceux des autres. A la fin, on ne sait plus ce qui a été donné à qui et où est quoi. C’est une vrai mise à l’épreuve du sens de l’organisation.

Quand on parle de préparatifs, c’est aussi les papiers, le bateau n’est pas encore totalement à notre nom mais les choses avancent. Il faut se préoccuper des assurances : de celle du bateau, de celle de la famille, de la responsabilité civile qui se périme au bout de trois mois de vacances… On ne pense jamais à tout. Il y a des réveils en pleine nuit qui laissent de longues heures blanches pour méditer à tout ça !!! Et puis, il y a la famille qui nous pose mille questions néophytes auxquelles on ne sait pas toujours répondre. Tant pis si on passe pour des amateurs.

Quand tout sera là-bas, sur le bateau, rangé ou à peu près, tout sera sans doute plus clair. On verra ce qui a été oublié, et à l’usage ce qui est de trop.

Le sentiment de vacances au long cours s’installe peu à peu, lentement. Passé quinze jours, les préoccupations du travail s’estompent, un petit coup de gomme supplémentaire sur notre vie professionnelle. Pour ma part je ne me pose presque plus la question de la date du retour en avion. Il n’y a pas de retour en avion. Cette fois, c’est en bateau qu’on revient. Voilà, il va falloir s’y faire. Ce n’est déjà pas rien de le dire.

Qui a volé makonen?

Posté par : Christophe

01 Novembre 2011 à 10h

Où est passé notre magnifique catamaran qui devait nous faire voyager et vous faire rêver durant une année ?

Le voyage a pris là une tournure singulière que personne n’attendait. Il y a eu la saison des cyclones qui m’a fait trembler tout le mois de septembre, sachant le bateau au mouillage. Il y a la saison des vols. Makonen a disparu de son mouillage dans la nuit du 30 au 31 octobre. C’est Hervé notre broker qui nous l’a annoncé au téléphone hier dans l’après midi alors que nous devisions tranquillement sur la terrasse chez mes parents avec mon frère sur ce voyage et ses imprévus qui nous attendent. Pour un imprévu, en voilà un de taille. C’est donc là le début des aventures. Pour la petite histoire, le vol a été repéré par le CROSS quand les indélicats ont mis la balise de détresse à la mer, ce qui a déclenché un appel au propriétaire actuel. « Mais non, mon bateau est là » Et puis vérification faite, il n’était plus là. Pas de traces à ce jour malgré les recherches entreprises par la gendarmerie. Mais les eaux internationales sont si proches.

Nous revoilà donc à la case départ, comme si on avait rien fait ou presque. Il nous faut un bateau! La petite phrase lancée au broker en Août en plaisantant : « Si le bateau coule par un cyclone, il te restera quinze jours pour nous en trouver un autre. » s’avère donc d’actualité. Dans cette aventure, nous avons une chance inouïe que la transaction n’ai pas été finalisée. L’argent est resté sur le compte du broker en attendant que le carnet de francisation soit à notre nom. Bref, le bateau n’est pas à nous malgré tous nos efforts dans ce sens jusqu’ici. Comme quoi certaines lenteurs peuvent avoir du bon. Mais on sait d’emblée qu’on ne retrouvera pas un bateau aussi bien que celui là. En aussi bon état, avec un équipement haut de gamme et des heures moteurs comme s’il n’avait que trois ans. On ne va s’apittoyer mais tout de même, ça fait un peu mal.

Me revoilà devant mon ordinateur pour faire mille nouvelles choses. Changer les billets d’avion pour commencer. On ne va plus à la Martinique (je connais déjà les bateaux là-bas) mais à Saint Martin directement. On part vendredi avec Maxime pour visiter des bateaux. De toute façon, ce n’est pas une mésaventure comme celle-là qui va nous faire changer de projet. On rentre en bateau à la maison et c’est tout. On a l’air entêté là?

Je voulais malgré toute cette histoire remercier encore certaines personnes. Michou qui restera notre plus gros sponsor, Roland le père de Caro qui nous offre un AIS, son grand père qui participe d’un radar. C’est très gentil de leur part de penser à notre sécurité. Moi je rajouterai à notre liste d’équipement une balise de tracking en cas de vol. On ne sait jamais.

Pour notre futur bateau, on verra bien et comme disait Thomas : « il vaut mieux un bon Belize qu’un Bahia volé. »

TOPAZE

Posté par : Christophe

06 Novembre 2011 à 22h

Trois jours que nous sommes à Saint Martin avec Max pour rechercher un bateau. Arrivés depuis jeudi, les visites se sont enchaînées. A l’écrire ainsi, on pourrait croire qu’on a pu visiter des tas de bateaux. Pas vraiment. Nous avons pris les billets d’avion avec une seule visite en vue! Le bateau est passé au crible une première fois à la nuit tombante, pas reluisant mais achetable est notre première impression. Il ne s’agit plus vraiment de trouver le bateau de nos rêves mais plutôt de trouver celui qui nous emmènera au bout de notre voyage. Au lever du jour, nous nous retrouvons de nouveau sur le pont. Quelques pas, et arrivés à la pointe avant bâbord, surprise, il est délaminé! Je poursuis d’un œil découragé jusqu’au pied de mât et tombe sur une fissure de la fibre sous le mât, de même pour une marche arrière tribord, délaminée. Bref, la visite s’arrête avant que l’on ait pu mettre le nez à l’intérieur. Pourquoi faire?

Notre courtier nous propose un second bateau, deux ans plus jeune, un peu mieux équipé, dans les mêmes prix. Celui là sera le bon. Nous signons une promesse d’achat le lendemain. Tout le monde est soulagé. Ce sera donc un Bahia 46. Il y a des travaux à faire, il est loin de l’état dans lequel était Makonen, mais avec de l’huile de coude et un peu d’aide on pourra sans doute le mettre en bonne condition pour la croisière. Trois jours de travail, à tenter d’organiser la sortie du bateau, coordonner les artisans. Il faut le démâter, sortir les moteurs pour les réviser en atelier. Un refit complet nous attend. Notre projet semble rebondir vite. Nous avons fêté hier soir ce nouveau départ avec Maxime dans un entrain sans doute un peu exagéré…

Pour finir il sera rebaptisé. Topaze.

Etape par Etape

Posté par : Christophe

10 Novembre 2011 à 02h

Jour après jour, le bateau devient nôtre un peu plus. Avec des hauts et des bas, on construit dans nos têtes ce qui va devenir notre moyen de transport et notre maison pendant un an et à notre retour. Comme un jeu de légo, les acteurs se mettent en place. L’assurance, le propriétaire, la sortie en mer puis la mise au sec dans un chantier où il sera l’un des plus petits bateaux. Et l’attente qu’Ismène devienne enfin Topaze, enfin à nous et que l’on puisse monter dessus et commencer à travailler. Revenir à la case départ, là où on avait laissé Makonen. (Toujours pas retrouvé au demeurant, mais qui cherche au juste ?)

GRANDS TRAVAUX

Posté par : Christophe

20 Novembre 2011 à 12h La partie fémnine de l’équipage est enfin arrivée jeudi après midi. Il ne manquera plus que Rodolphe dans une semaine et nous

Les travaux ont débuté ! Après sa mise à sec, les actes de vente signés, « Ismène » nous appartient presque. Nous avons obtenu du propriétaire de pouvoir débuter les travaux.

Tout commence par un grand nettoyage histoire de mettre au propre notre future maison. Nous avons démonté tous les vaigrages, fait fuir les cafards et découvert où passait chaque câble électrique, chaque tuyaux. Pas de mauvaise surprise à l’horizon. Trois jours à deux pour mettre tout ça au propre. En attendant les artisans ont commencé à travailler. Démontage des moteurs avec remise en condition en atelier, retardé faute de grue réparée à temps vendredi soir. Il y a deux moteurs dans les cales en pièces détachées. Un fibreur remet les coques en état, nettoyage, gel coat, ponçage. De notre côté, les safrans sont descendus grâce à l’insistance de Max et au chalumeau.

Voilà nous sommes dans le vif du sujet. Pas d’issue avant réfection complète. On vous laisse avec les photos illustrant l’ampleur de la tâche.

On a une pensée spéciale pour mes parents qui ont du, à cause de ce grand chantier, annuler leur voyage sur Panama. Il faut rester réaliste, nous ne devrions pas y être à la fin du mois de décembre. L’ombre de Makonen plane encore un peu sur nos projets mais la famille refait surface.

La plaisance, c’est le pied

Posté par : Christophe

27 Novembre 2011 à 01h

Une course contre la montre s’est engagée. Il reste à faire tant de choses sur Topaze. Les papiers vont à la douane lundi pour officialiser le nouveau nom du bateau à côté de celui des propriétaires. Rodolphe est arrivé avant hier et a pris ses quartiers dans la cabine avant bâbord. A peine réveillé le lendemain de son arrivée, pas encore remis du jetlag, il était dans une cale moteur entrain de patauger dans le gasoil et le liquide de refroidissement. Max avait choisi la cale opposée, à peine moins salissante. Tosca et Gabrielle au milieu de tout ce bazar jouent sur le trampoline, regardent des dessins animés sur un écran minuscule et se font toutes petites face à l’ampleur de la tâche entreprise par leurs parents. D’ailleurs où étaient les parents pendant que d’autres se baignaient dans le remugle des moteurs. Dans les magasins. Faire les boutiques pendant que les autres travaillent fait partie des occupations terriblement chronophages de ce refit. Ha faire les courses, c’est affolant comme il y a tout ici et rien à la fois. Tout est là mais souvent à un mois de mer pour nous parvenir des Etats Unis. Tout est là, mais rien n’est sur place. On ne choisit pas, on prend ce qu’il y a ou on passe commande. Fed Ex ou le bateau. Trois jours ou un mois. Dix dollars ou cent. Un choix qui se pose tous les jours en poussant la porte des shipchandlers. Peut-être verra t-on ce bateau à l’eau un jour. En tout cas, il est déjà la maison de nos deux premiers compagnons de route qui ont accepté de participer à cette difficile remise à niveau. Ceci dit j’ai testé une nuit à bord, on y dort terriblement bien sur des coussins tout neufs; maintenant que tous les hublots sont étanches c’est un vrai plaisir. Un bateau étanche à l’eau mais pas aux moustiques. Il y a le budget refit et celui contre les moustiques. Le chantier c’est un peu Koumac parfois.

Mise à l’eau

Posté par : Christophe

11 Décembre 2011 à 22h

A l’eau !

Six jours déjà que nous sommes à l’eau. Six jours et personne n’en savait rien.

Le champagne a été de mise pour fêter cet événement après trois semaines de chantier. Une remise à l’eau qui ne s’est pas faite toute seule. Émaillée d’un petit incident. Les drosses de barre remontées à l’envers, le bateau répondait aux commandes à l’envers. Résultat quelques minutes d’adrénaline jusqu’à ce que tout rentre dans l’ordre, dans la tête du skipper. Cela dit, on n’est pas allé bien loin. Un huitième de mille pour un ponton en béton, histoire de ne pas mollir. Le bateau n’a plus de mât depuis cinq jours et devrait le retrouver lundi. En attendant, les actes de vente sont enfin arrivés, il ne reste plus qu’un peu de patience pour que les affaires maritimes nous fassent les papiers. Première clairance donc avec la douane Hollandaise des îles. La famille au complet est à bord depuis jeudi soir de façon permanente. Les filles s’adaptent avec plus ou moins de bonheur selon les jours. On prend plus de temps pour s’en occuper, on essaye de se faire un peu plus disponible. Il va falloir que cela ressemble un peu à des vacances tout de même. La vie sur le bateau s’organise autour de leur rythme.

Les petites aventures du quotidien ne sont pas en reste. Les grains tropicaux par vents dominants qui sont rarement terribles chez nous prennent fréquemment trente cinq nœud en quelques minutes. La nuit dernière des rafales montaient à cinquante nœud sur l’anémomètre du voisin de quai. Le résultat a été rapide nous concernant : un panneau solaire est allé nager dans le port. Vu sa taille et l’usine électrique qui s’installe sur les bossoirs, personne n’a pensé qu’un tel engin savait voler. Au moins quelques secondes aussi bien que les pélicans qui pêchent dans le lagon, avec la même grâce au piqué, requin électrique à la clef. Froussards s’abstenir. Cette nuit tous sont amarrés, pas de vent.

Un mât, du vent, du bricolage et des nuits blanches.

Posté par : Christophe

23 Décembre 2011 à 23h

Le bateau a retrouvé son mât depuis lundi dernier, dix jours déjà. Les travaux se sont enchaînés. Nous étions accostés à une petite marina dans le lagon de saint Martin. Le nez dans les cales moteurs dès huit heure du matin, fin des hostilités le soir à la frontale. Entre deux, il y a des interludes sans fin chez les shipchandlers et autres quincailleries. A la recherche de la pièce qui manque, une quête souvent épique, toujours longue et semée d’embûches. On a aussi trouvé un magnifique spinnaker, en espérant que le temps nous permette de l’envoyer. Après une petite semaine dans cette marina qui n’a fait rêver personne, on s’est installé au mouillage, juste devant, pour ne pas être trop dépaysé. En fait histoire de rester proche des accastilleurs et de finir l’installation du dessalinisateur et de la génératrice. Le vent s’est de nouveau levé. Un alizé rafaleux parsemé de grains tropicaux, ciel de plomb, vingt nœuds, rafales à trente, mouillage dans deux mètres d’eau, cul aux maisons. Les nuits dans ces conditions sont mauvaises et effectivement, le mouillage nous a gratifié d’un dérapage lent et contrôlé sous rafales, avec vingt cinq mètres de chaîne dans deux mètres et de la vase. C’est pas de chance pour notre seconde nuit au mouillage et un peu stressant. Quart de nuit donc, pour finalement refaire une manœuvre de mouillage vers trois heures du matin. Le démarrage des moteurs a mis tout le monde sur le pont. Caroline a fini le quart et s’est couchée avec le vent qui est tombé un peu vers quatre heures. Le lendemain, décision était prise de sortir de ce lagon qui n’en a que le nom tellement l’eau y est boueuse. Une demi heure d’attente sur les moteurs. Onze heures, le pont ouvre, le sail drive tribord brusquement ne répond plus en marche arrière, les énormes motors yacht alignés sur bâbord se rapprochent et le vent nous pousse en rafales. L’étai se rapproche d’une ancre énorme située entre les deux barres de flèche. Un mètre à peine. Arrière à fond sur un moteur, l’accident est évité de justesse. Moteurs enclenchés en marche avant lente, vent dans le dos, on reprend notre place pour sortir. Je ne touche plus à la commande de gaz, gère la fin de la manœuvre à la barre seule, droite, gauche, en crabe, le pont passe. Derrière la mer est turquoise, le soleil brille et l’alizé nous cueille de toute sa force. Le mouillage se fera derrière le pont. Dans Simpson Bay, les bateaux dansent au rythme de la houle longue renvoyée par la mer des caraïbes. En catamaran on danse aussi, mais moins. Cette fois, c’est soixante dix mètres de chaîne au fond pour une nuit avec un alizé à vingt cinq nœuds établi, rafales à trente, trente cinq, ça bouge et ça dort pas beaucoup dans les cabines. Devant : les lumières de la ville, derrière celles des gros yachts, des immeubles posés sur l’eau. Le soleil a brillé toute la journée, la génératrice a donné ses premiers ampères dans le silence de son cocon ; le dessalinisateur a fait presque quatre vingt litres pour son galop d’essai. Refaire un bateau n’est pas de tout repos c’est sûr, mais là on commence à sentir les vacances de Noël arriver pour de bon. La cerise sur le gâteau, les papiers du bateau sont arrivés ce matin à Saint Martin, nous sommes libres de partir quand bon nous semble.

On est allé se baigner avec les filles dans les rouleaux, première après-midi à jouer avec elles depuis plus d’un mois en ce qui me concerne. Encore un peu de rangement (beaucoup), quelques installations de matériel divers et tout sera prêt. Il ne nous manquera plus qu’un coup de pouce de la météo pour décider de notre départ pour Panama. Mais ça c’est un vœux pieux pour la semaine prochaine ou celles d’après… On verra bien.

Un grand merci à tous ceux qui nous ont écrit et soutenus de leurs commentaires durant toutes ces épreuves. L’aide apportée moralement nous a fait chaud au cœur même si nous n’avons pas fait de réponse faute de temps libre.

Un grand merci aussi à Maxime pour son aide technique qui nous a fait gagné un temps précieux dans ce voyage.

Joyeux Noël à tous

Posté par : Christophe

25 Décembre 2011 à 17h

Bonjour et bonnes fêtes de Noël à tous ceux qui nous suivent de près ou de loin, on espère que vous avez passé un bon réveillon. On pense à tous nos amis et familles qui sont restés en Nouvelle Calédonie et en France. Ce petit message depuis la plage de Grand Case à Saint Martin, le bateau est amaré juste devant, un rayon de soleil, tout va bien, c’est Noël. Un beau cadeau après plus d’un mois de travaux et de chantier. Encore quelques jours et on range la caisse à outils.

Une chance que le père Noël nous ai retrouvé ici…

Une semaine de mer et bonne année

Posté par : Christophe

01 Janvier 2012 à 21h

Une semaine depuis la plage de grand case, sans internet. Une semaine qui nous a permis d’amariner l’équipage, de tester le bateau, de casser ce qu’il y avait à casser et de revenir mouiller à Sympson Bay afin de terminer les derniers préparatifs avant de se lancer à travers la mer des caraïbes. On a fait un tour à proximité de Saint Barth, un mouillage assez proche de l’île elle même que nous n’avons pas oser aborder. Vu du promontoire au dessus, la quantité de yacht oscillant entre très gros et énorme nous a découragé d’aller plus loin. Nous sommes donc revenus vers Saint Martin pour finir la semaine. Saint Martin l’hiver, ses mouillages encombrés et rouleurs, son climat Normand où il fait beau plusieurs fois par jour. On n’arrive pas à s’y faire à cette petite île, il nous tarde vraiment de partir. Le réveillon s’est passé au mouillage sur l’îlot Pinel, bouteille de champagne à l’appui. Tout l’équipage au lit vers vingt deux heures trente loin des festivités débridées de l’île.

On vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2012.

Avec les meilleurs vœux de tout l’équipage qui s’enrichit bientôt d’un septième membre en la personne de Zacharie (cadet de la famille Chalbos, il y en a beaucoup à bord!)

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