Suwarrow / Tonga

Un matin, après avoir admiré à la jumelle des baleines dans la passe de Bora nous sommes partis pour Suwarrow. Six jours, des grains, un ciel menaçant, et comme Topaze n’avance pas avec du vent venant de l’arrière on a envoyé le spi jusqu’à dix-huit, vingt nœuds, histoire de faire un peu de route… Sportif. Avec une mauvaise nuit à la clef.

Suwarrow. Drôle de nom à consonance russe pour cet atoll perdu au milieu du pacifique. Ne me demandez pas pourquoi. Suwarrow est un confetti sur la carte. Ce qu’il y a de gratifiant c’est qu’il n’y a pas d’aéroport ni de ligne maritime. A Suwarrow, il n’y a rien. Ou presque. Et c’est pour ce trois fois rien qu’on y est allé. Pas d’habitants mais deux pauvres hères faisant office de gardiens six mois de l’année. Des oiseaux par milliers disséminés sur les motus qui ceinturent l’atoll. Et des plaisanciers qui ont fait la route jusque-là… toujours trop.

Le lagon a déjà son comptant d’épaves. Nos amis y sont arrivés progressivement, d’abord Samba puis Namani. Les Ecapoue sont malheureusement partis trop tard de Bora, nous les reverrons avec plaisir à Nouméa en novembre. Nous avons pu revoir des raies Manta, abonnées du banc de sable à côté du mouillage. Énormes et majestueuses comme toujours.

Le snorkeling a été une de nos principales activités sur des édifices de corail multicolore à travers le lagon, faisant des cavernes ou des piliers remontant du fond, rare et de toute beauté. Un atoll de plus pourrait-on dire, sans doute, mais un très bel atoll. Suwarrow est réputé pour ses requins. Et ce n’est pas une légende. Il y avait des chiens de garde en permanence derrière chaque bateau, quatre ou cinq requins pointe noire, parfois plus. Il y avait les habitués des gardiens de l’autre côté du mouillage qui attendaient chaque soir les restes de la pêche, une vingtaine au bas mot dans cinquante centimètres d’eau grouillante. Il y avait ceux, placides, mais bien présents que l’on croisait en allant faire du snorkeling en famille. Et il y avait les complètement frénétiques qui venaient nous voir dans la passe lorsque l’on s’aventurait à chasser avec mon ami Peter du bateau Samba. Le poisson était d’une rare abondance et de belle taille, indemne de cigatera mais il avait son pendant de dangers bien plus palpables. Un poisson au bout du fusil et du bleu remontaient gris, citrons, pointes noire et blanche de toute les tailles. Émotions garanties.

Une douzaine de jours en attendant que passe une dépression plus au sud et nous sommes repartis pour le Vava’u group dans l’archipel des Tonga. On laisse un peu à regret Niue sur notre bâbord, à cause de conditions météo qui ne sont pas idéales et du temps qui court toujours trop vite. Cinq jours d’une belle navigation comme on n’en avait encore pas connu. Entendez par là du vent mais pas trop, de la vitesse parce que pour une fois il soufflait avec un angle favorable pour Topaze et du ciel clair et dégagé nuit et jour, pas un grain, incroyable. Seule l’arrivée s’est faite dans un nord est mollissant agrémenté d’une soudaine grisaille, en douceur. Les arrivées sont toujours un peu pénibles, il a fallu rajouter à la fatigue les formalités d’entrée, des papiers, encore des papiers, des manœuvres à quai et des fonctionnaires qui viennent s’inviter à faire un tour à bord quand on en a pas envie. On a retrouvé Lacaraba qui était parti de Suwarrow en même temps que nous. Et Samba qui suit à une semaine de distance après avoir attendu les Ecapoue.

Vava’u, Tonga

Posté par : Christophe

06 Octobre 2012 à 05h

Le Vava’u, allez-y, une perle dans le pacifique. On cherche encore. La comparaison avec la Polynésie est rude même si l’on tente d’aborder chaque pays avec un œil neuf. C’était l’archipel le plus sympa des Tonga. La vraie consolation est d’y avoir retrouvé pour une petite semaine les Samba. Une semaine c’est trop court. A peine le temps de se retrouver, quelques petites langoustes, un apéro ou deux et il a fallu se quitter de nouveau. Cette fois la séparation va être plus longue et elle en est d’autant plus douloureuse. La perspective de les retrouver l’an prochain en Calédonie nous apaise un peu et réconforte les filles. Eux sont partis tôt en saison pour la Nouvelle Zélande. Déjà en route.

Pour ce qui est du Vava’u, avec du beau temps, les choses auraient été moins tristes. La météo est capricieuse dans ce coin du pacifique. Où est le soleil, où sont les alizés ? Remplacés par des jours de pluie et de grisaille. La navigation entre les récifs s’en trouve réduite d’autant. Quand on n’y voit pas, on n’y va pas. Du coup, le panel de mouillages s’est rétréci.

On a tout de même pu voir une baleine, certes farouche, mais bon. Une apparition toutes les 25 minutes pendant 20 secondes. Avec un peu de patience, ça fait des minutes entières. Nous avons visité deux grottes marines, une en apnée et l’autre en annexe. Ça, c’était magique.

Hormis les tags sur les murs, il y avait un petit côté explorateur qu’on adore. Même Tosca a pu retenir son souffle, plonger et entrer. Je pense bientôt lui offrir un fusil pour la chasse sous-marine. L’eau, quoique froide était d’une rare clarté, on voyait à vingt mètres qu’il n’y avait aucun poisson et pourtant ce n’est pas faute d’avoir cherché.

Nous avons quitté le Vava’u pour Fidji. Trois jours et demi d’une belle traversée, de la pluie aux deux bouts et du vent au milieu, juste ce qu’il fallait pour nous déposer devant l’île de Vanua Levu au petit matin. Comme quoi la fenêtre choisie était correcte. Et depuis qu’on est là… Il pleut. Mais ça va s’arranger, on y croit.

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