Polynésie

Les Marquises

Posté par : Christophe

31 Mai 2012 à 23h

Première étape de Polynésie, nous avons enchaîné les mouillages au gré des îles. Après Fatu-Hiva, nous sommes allés faire notre déclaration d’entrée à Hiva-Oa. Quelques jours pluvieux dans un mouillage bondé grand comme un mouchoir de poche où faute de place il a fallu mouiller devant-derrière. Des nuits de veille et la palme du pire mouillage des Marquises. Il y avait au village tout proche les tombes fleuries de Brel et de Gauguin ainsi que leurs petits musées respectifs. Nous y avons également rencontré l’équipage du bateau « Le Yes », ce qui nous a motivé pour rester quelques jours supplémentaires. On espère les revoir d’ici un à deux ans en Calédonie. C’est là également que nous avons repris l’école pour Tosca et Gabrielle.

Sur L’île juste au sud, Tahuata, nous avons passé une semaine dans un mouillage où presque chaque matin la fameuse école était perturbée par le bal des raies manta venant se nourrir de plancton dans la baie et autour du bateau. Le français et les maths étaient rapidement échangés contre une séquence avec masques et tubas. Nous avons fait la rencontre de l’équipage du bateau « Namani » et depuis, on ne se quitte plus.

J’ai pu initier Marcus à la chasse sous marine, ce qui a entraîné un certain retard dans la liste des travaux à faire sur son bateau au grand damne de Nadia. Ils nous ont malgré tout rejoint à temps pour l’île suivante.

Une nuit de navigation plus loin, nous étions à Ua Pou qui ne nous a jamais montré la totalité de ses sommets tant les nuages y restaient accrochés. « Les piliers de la terre » sont restés invisibles. En revanche le fameux accueil Marquisien n’a pas démenti. Nous avons été couverts de fruits chaque jour, bien plus que ce que la famille peut en manger, le réfrigérateur se remplit et nous avons encore de quoi en offrir à nos amis. Nous avons également goutté le fruit de l’arbre à pain sous toutes ses formes qui est un délice trempé dans du lait de coco, accompagné de bananes cuites, spécialement quand une sieste se profile après le repas. L’Uru, ça se mérite.

Après Ua Pou nous nous sommes arrêtés dans l’immense baie du contrôleur sur l’île de Nuku Hiva, baie où Melville a survécu parmi les indigènes cannibales de l’époque dont les descendants nous ont encore offert des fruits à profusion.

La baie principale de Nuku Hiva, Taihoae, nous accueille aujourd’hui pour notre grande étape de ravitaillement et d’internet avant le saut pour les Tuamotu, sans doute la semaine prochaine. Le temps file indolent, les Marquises nous touchent beaucoup tant par leur population que par leurs paysage sublimes. Des falaises volcaniques qui tombent dans le pacifique, recouvertes d’une jungle épaisse. C’est une étape inoubliable de notre périple dans le pacifique.

Ua Pou et voilà les Tuamotu.

Posté par : Christophe

09 Juillet 2012 à 03h Nous n’avons pu partir des Marquises sans revenir faire un tour à Ua Pou, dire au revoir à Fatima et son Mari, leur offrir une petite bouteille de vin, partager un thé sur le bateau et un repas marquisien. Bref, vivre encore quelques jours déjà nostalgiques au rythme des Marquises et de la houle qui berce les mouillages. Tosca et Gaby ont joué tout leur saoul avec les enfants du village qui vont le soir après l’école se baigner dans le ressac depuis la petite digue en béton.

Il a bien fallu partir pour les Tuamotu. Avec tout ce que nous avions lu sur la difficulté de négocier les passes des atolls, on a visé une fenêtre spéciale « passe des Tuamotu », afin d’atterrir dans les meilleures conditions possibles à Raroia, le premier atoll sur la route qui correspondait à nos critères (pas trop grand, pas trop habité, sans cigatera, pas de plaisanciers si possible). Du coup la navigation s’est faite dans une pétole relative et un bon confort au détriment des heures moteur et du spi qui après un coquetier autour du génois (2 tours) a fini dans les barres de flèches (quand ça veut pas, ça veut pas !), du travail de couture donc pour un voilier à Papeete.

La passe a été négociée dans des conditions optimales, avec juste un petit mascaret de vingt centimètres pour dire qu’il était là. Et l’atoll n’a pas démenti. Il est parsemé d’énormes pâtés de corail qui émergent de trente mètres et de centaines de casiers d’huîtres perlières immergés, tout cela rend la navigation plus attentive. (Pas de cartographie bien sûr, sinon ce serait trop facile). Nous sommes restés là une semaine, seuls au mouillage, devant une plage de sable rose, à pêcher, regarder les poissons dans une eau claire et les raies mantas (encore) tourner autour du bateau.

Nous avons pu visiter la ferme perlière en pleine activité et voir les greffeurs à l’œuvre. Pour un premier atoll s’était magnifique à tel point qu’on s’est posé la question de rester là ou d’aller en voir d’autres. La curiosité l’a emporté.

La sortie de l’atoll s’est faite également sans problème, quoi qu’un mascaret de type machine à laver sur mode essorage nous attendait dehors, très impressionnant. Il nous a laissé juste une petite porte de sortie en rasant le récif afin de ne pas se faire secouer. Direction Makemo à 75 milles dans le sud-ouest, puis finalement non, cap sur Tahanea encore 75 milles derrière, les protections de Makemo étant jugées insuffisantes pour la météo à venir. Par contre sur la route, c’est encore le petit temps qui prédomine, heureusement parce que faire si peu de milles en visant l’étale de marée oblige à faire chaque fois des navigations de 24 heures pour sortir et entrer de jour. Tahanea devrait être désert, pas de village, pas de ferme, pas de cigatera et avec de la chance personne d’autre que nous.

Tahaena, Fakarava, Toau et les autres

Posté par : Christophe

10 Juillet 2012 à 07h

Tahaena fut un atoll inconsidérément peuplé en plaisanciers, à croire que le choix avait été dicté par des préceptes inverses de ceux énoncés sur notre dernier message. Nous y retrouvons Ecapoue et Samba que nous avions déjà croisé à Nuku Hiva aux Marquises pour le plus grand plaisir des enfants(7 en tout). Tahaena a surtout été marqué par sa météo. D’abord amusante puisqu’elle me permet de faire deux jours de planche à voile à en avoir des ampoules plein les mains. Puis une dépression nous fait faire un 360 au mouillage pour finir par trois jours d’un Maramu modéré. Bilan : une semaine coincé dans le même mouillage. Quand enfin l’alizé revient nous filons à la passe. Le manège peut alors commencer. Deux matinées de suite, accrochés à l’annexe, on se laisse glisser à l’intérieur du lagon avec le courant entrant, sous nos yeux défilent requins, napoléons, mérous, chirurgiens.

Deux jours plus tard, nous retrouvons nos amis sur l’atoll de Fakarava. Juste à temps pour la pleine lune et pour voir dans la passe du sud l’incroyable reproduction des loches marbrées (mérous). En plongée par vingt-cinq mètres d’un fond corallien bigarré, dans un tapis de plusieurs milliers d’individus, les femelles pondent, des nuages de semence rendent l’eau trouble par endroits, des dizaines de requins frénétiques volent au-dessus, profitant des petits poissons venus se nourrir de cette aubaine alimentaire, égratignant au passage les loches qui nagent de droite et gauche groguies par l’assaut. Les uns mangent, les autres se reproduisent dans un fouillis grouillant indescriptible.

A d’autres moments, la passe nous offre un spectacle différent, plus serein avec Caroline et les enfants. En se laissant guider par le courant, on peut voir des napoléons gros comme dans les aquariums, des requins en rang par quinze mètres, des bancs de toutes sortes évoluer dans une eau claire. Et des mérous, encore des mérous, calmement posés au fond.

Les enfants de nos trois bateaux ont choisi une nuit pleine lune pour dormir seuls sur un îlot en face du mouillage. Le courage des robinsons allait de cinq à onze ans et il leur aura fallu deux tentatives pour y réussir. La première ayant échoué devant l’intensité de la pluie, nous les avons récupéré trempés au milieu de la nuit. Le seconde fut un succès et les Bernards Lermittes ont passé une mauvaise nuit.

Nous remontons Fakarava, 30 milles, dix nœuds de vent de travers en rasant la côte sous le vent. Navigation de rêve dans un décors aux nuances de vert et de bleu jusqu’à la ville principale afin de ravitailler le bateau. Notre prochaine étape, dictée par l’annonce d’un alizé puissant (25 nœuds) sera sans doute Toau. Dernier atoll avant Tahiti ?

De Toau à Tahiti

Posté par : Christophe

12 Août 2012 à 01h

Toau. Un petit atoll magnifique au Nord de Fakarava où nous avons passé une semaine et fêté le quatorze juillet en compagnie des Samba (Peter, Mélanie, Sam et Luke), des Ecapoue (André, Birgitt, Valérie, Merlin et Zoé) et d’une famille Paumotu qui nous a accueilli avec simplicité et gentillesse.

Nous avons fait des jeux sur la plage, course en sac, lancer de noix de coco et autre… A tel point que la Fête Nationale est maintenant pour Gabrielle et Tosca le jour où on se réuni pour faire des jeux. Vivement l’année prochaine.

Une semaine pour attendre que cesse le vent. Qui n’est jamais vraiment tombé. On a fini par sortir de l’atoll, vent contre-courant. Les conditions étaient sportives. A tel point que la passe franchie, Tosca est venue nous voir en disant : »Je suis contente qu’on ait bien choisi notre bateau, parce qu’il est solide. » Je crois qu’elle a eu très peur, il faut dire que la sortie était un rien impressionnante. Mais quand faut y aller, des fois on ferait mieux de rester au mouillage. C’est passé. La traversée a continué dans les mêmes conditions, au lieu des vingt nœuds annoncés on en a eu trente sur les premières vingt-quatre heures, merci météo France comme souvent.

Tahiti enfin

Posté par : Christophe

13 Août 2012 à 01h

Ça fait pourtant plus de deux mois que nous naviguons en Polynésie mais l’arrivée à Tahiti, ça fait quand même quelque chose. Une nouvelle étape du voyage, un but atteint, rien de palpable, mais c’est comme un peu de notre rêve de voyage qui s’accomplit là en embouquant la passe d’entrée de Papeete. Ensuite tout s’est précipité. Il faut dire que nous n’étions pas là pour faire du tourisme. Il nous restait une semaine avant l’arrivée de la famille. Pas mal de bricolage à faire et de choses à acheter afin de réparer tout ce qui a été mis sur liste d’attente. Je ne vous fais pas le détail, c’est inutile. La principale chose que nous ayons acheté est une nouvelle ancre pour remplacer l’horrible pioche qui nous a procuré tant d’insomnies et de dérapages. Mission accomplie, une magnifique Kobra trône désormais dans le davier. Il ne nous reste plus qu’à faire plus ample connaissance et avoir de nouveau confiance dans notre ligne de mouillage.

La famille a débarqué un soir vers 23h00 pour quinze jours. Roland, le père de Caroline, Valérie, sa femme et Stan, Cerise et Quentin.

Quinze jours de vacances où nous n’avons plus vu nos enfants qu’à l’heure des repas. L’aventure a débuté très vite à un bon rythme, juste après les courses du lendemain par une nuit de navigation qui nous a amené jusqu’à Huahine. Puis Raiatea, Bora-Bora où nous sommes restés cinq jours avec une fenêtre manquée pour Maupiti, puis retour sur Raiatea.

Nous avons fait le tour de la verte Huahine en pick-up dans la benne comme à la maison et acheté des gousses de vanille qui exhalent un parfum incroyable malgré les emballages scellés. A Bora- Bora, on s’est baigné avec des requins citrons et pointe noire, des carangues énormes, un requin dormeur de 3 mètres, des tortues … dans un lagoonarium. D’accord ça fait un peu touriste, mais c’était génial quand même. Les enfants ont adoré et les grands aussi.

Nous voilà de nouveau seuls ou presque. On attend de retrouver bientôt nos amis des bateaux Namani et Samba que nous avons quitté à Papeete dans un coup de vent.

Direction Souwarrow.

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