Une semaine de mer et bonne année
Posté par : Christophe
01 Janvier 2012 à 21h

Une semaine depuis la plage de grand case, sans internet. Une semaine qui nous a permis d’amariner l’équipage, de tester le bateau, de casser ce qu’il y avait à casser et de revenir mouiller à Sympson Bay afin de terminer les derniers préparatifs avant de se lancer à travers la mer des caraïbes. On a fait un tour à proximité de Saint Barth, un mouillage assez proche de l’île elle même que nous n’avons pas oser aborder. Vu du promontoire au dessus, la quantité de yacht oscillant entre très gros et énorme nous a découragé d’aller plus loin. Nous sommes donc revenus vers Saint Martin pour finir la semaine. Saint Martin l’hiver, ses mouillages encombrés et rouleurs, son climat Normand où il fait beau plusieurs fois par jour. On n’arrive pas à s’y faire à cette petite île, il nous tarde vraiment de partir. Le réveillon s’est passé au mouillage sur l’îlot Pinel, bouteille de champagne à l’appui. Tout l’équipage au lit vers vingt deux heures trente loin des festivités débridées de l’île.
On vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2012.
Avec les meilleurs vœux de tout l’équipage qui s’enrichit bientôt d’un septième membre en la personne de Zacharie (cadet de la famille Chalbos, il y en a beaucoup à bord!)
Localisation mode d’emploi
Posté par : Christophe
13 Janvier 2012 à 20h
La balise enfin est arrivée sur notre bateau. Merci Plastimo* pour ce manque total d’efficacité, quinze jours pour mettre un colis recommandé à la boite ! L’administration Française a été bien plus efficace puisqu’elle nous a fourni en trois jours un numéro d’identification. Quinze jours à se sentir prisonnier et à faire des ronds dans l’eau sur cette île. Bon, ça nous a laissé le temps de mettre le bateau au point, ça a permis de laisser derrière nous certaines pannes dont on se serait passé en mer. Mais sans les pannes et autres avaries ce ne serait plus un bateau. Comme on avait pas grand chose à faire, on a démonté et remonté le bras du pilote, le chargeur de quai a rendu l’âme,on a réparé notre planche à voile.
Rodolphe a du rentrer en France afin d’honorer ses obligations familiales et nous avons pu accueillir à bord Zacharie dans le même temps.
On va tenter de vous faire un point GPS tous les jours ou tous les deux jours à travers la mer des caraïbes. Vous pouvez nous suivre à cette adresse:
http://www.stw.fr/localisation/localisation.cfm#carte
En recherchant le bateau TOPAZE. Ou en faisant un zoom sur la mer des caraïbes et en recherchant le nom du bateau parmi les autres.
On a hâte de faire voile en direction de Panama.


31/01/2012 (mardi)
Après une longue absence de connexion internet voici la première note écrite lors de notre arrivée aux San Blas, les photos et la suite sont pour bientôt…
Après une trop longue attente à Saint Martin pour obtenir cette fameuse balise Epirb qui orne maintenant notre cockpit, nous avons mis le cap sur les San Blas. Heureusement que la fenêtre météo y a mis du sien parce que notre impatience de partir devenait impérieuse.
En quelques chiffres :
8 jours et six heures, 1100 miles nautiques, soit une petite moyenne de cinq nœuds et demi, sous génois seul, vent arrière ou trois quart. Aucune pétole. Deux envois de spi, la première fois pour plus de vingt-quatre heures d’affilée et la seconde pour atterrir. Une pointe de vent à trente nœuds une matinée durant ; qui nous a valu quelques heures de barre et un surf à presque treize nœuds, la mer commençait à grossir sérieusement, cela n’a pas duré, heureusement. La mer des caraïbes a été fidèle à sa réputation, elle lève vite et la mer du vent y est courte. On a pu éviter les alizés forts qui règnent souvent en cette saison à proximité de la pointe Colombienne.
Ce qui n’a pas été évité en revanche, ce sont les innombrables cargos qui sillonnent cette partie du globe. Étonnement, ils croisaient notre route surtout la nuit. On a même rencontré un morceau de plateforme pétrolière se faisant tracter à quatre nœuds vent debout. Tout ce trafic a occasionné beaucoup de stress, il a fallu se dévier quatre fois afin d’éviter une probable collision. La mer n’est décidément plus assez grande.
Le bateau s’est bien comporté, pas de casse. Et on peut dire que cette première traversée s’est déroulée sans problème technique.
Un seul bémol que les hommes de quart ne nieront pas : le pilote automatique est à surveiller comme le lait sur le feu et il reste, toute fatigue bue, encore quelques rêves émaillés de sa sonorité stridente nous indiquant qu’il ne tient pas son cap. A vrai dire la seule fois où il n’a presque pas sonné de vingt-quatre heures, c’était sous spi… Allez comprendre.
Quant à l’équipage… Les petits mousses ont eu quarante-huit heures d’acclimatation de ce rythme reclus avec ses règles strictes qu’il a fallu faire respecter à tout prix. Les adultes ont pris le rythme de la mer et des quarts de la même manière, la main forcée, avec un amarinage plus ou moins heureux. Pour finir, certains auraient pu avaler une semaine de plus, d’autres étaient pressés d’arriver. Pas de noms, discrétion de rigueur.
Quant à la pêche, de jour seulement et quand l’état de la mer était satisfaisant, nous avons pu sortir deux Mahi-Mahi, qualifiés de portions parce que engloutis sur le champ par six membres d’équipage avides de poisson frais.
La terre a été aperçue à seulement dix mille du but allant même jusqu’à faire un peu douter de sa réalité. Deux petites heures de moteur dans la pétole finale nous ont permis d’accélérer et de venir mouiller vers seize heure trente derrière le premier îlot rencontré, accueillis par les dauphins…
Photos de la traversée
Posté par : Christophe
23 Février 2012 à 02h





Quinze premiers jours aux San Blas.
Posté par : Christophe
23 Février 2012 à 04h

Une quinzaine de jours que nous avons atterris sur ce bout de Panama. La vie s’égraine au fil des îles et des mouillages. Après huit jours de mer, cette nonchalance est la bienvenue. Mais le bateau reste le bateau et les mouillages ont aussi leurs nuits de veille eut égard à mon anxiété naturelle vis à vis de l’ancre et de ses dérapages. Plusieurs nuits à guetter l’aube dans vingt nœuds avec le plattier de corail qui danse derrière nous, mais aucune fausse note de la pioche n’est à déplorer.
Les navigations se font par sauts de puce de quelques milles d’un récif à l’autre. Au moteur, quel effort, avec du près comme principale excuse pour ne pas mettre les voiles. Quand les couleurs apparaissent, les îles deviennent magnifiques. Au fur et à mesure de notre éloignement du lieu d’entrée, les bateaux se font plus rares et les mouillages virent au turquoise. L’équipage est maintenant bien reposé de sa traversée.

Nous avons débuté l’école avec les filles, non sans heurts avec Tosca qui a encore un peu de mal à travailler tous les matins sans rechigner. Mais le travail avance malgré tout, CE1 oblige. Il faut trouver le bon rythme. Quant à Gabrielle, la grande section de maternelle ne lui pose pas de problème, c’est juste une question de motivation… Nous avons fêté le 6 février son anniversaire avec force gâteau au chocolat et cadeaux prévus à l’avance par Caroline, le tout salué par le soleil venant colorer les trois mètres d’eau en turquoise dans laquelle « Topaze » était posé.

A bord, les repas du soir sont presque tous agrémentés d’une langouste, d’araignées de mer ou de Barracudas, en fonction de la chasse du jour à laquelle Max et moi sommes très assidus. Heureusement que le Barbecue à gaz est là pour faire griller tout ça. Les cuisiniers du bord, Caroline et Zacharie, sont aussi là pour varier les préparations et garder à la chasse tout son intérêt. Ceci dit, c’est notre seul approvisionnement en frais, les fruits et légumes que nous avons achetés à Porvenir sont loin maintenant et nous attendons d’arriver à proximité de la terre pour trouver de la verdure.
Les Kunas sont répartis sur chaque île en familles gardiennes des noix de cocos qu’il est interdit de ramasser, braconnage de rigueur. En résumé, nos contacts pour le moment avec la très avenante population locale se résume à quelques modiques taxes de mouillage et un commerce de langoustes que nous refusons consciencieusement pour ne pas décourager les pêcheurs du bord ou blesser leur fierté à fleur de peau. Leurs étroites pirogues à fleur d’eau sillonnent les récifs à la voile, à la rame ou en Yamaha 50 cv HB.


San Blas, suite et retour à la civilisation.
Posté par : Christophe
23 Février 2012 à 20h

Comme pour faire mentir ce que j’ai écrit il y a peu… Nous avons fait une halte de quelques jours dans un coin de paradis, petite île inespérée dans l’archipel des San Blas. Trois jours où Tosca et Gaby se sont mêlées aux enfants Kuna en vacances. Tout a commencé par quelques bonbons, une partie de football. Le lendemain matin, les enfants venaient déjà en pirogue kidnapper Tosca pour aller à la plage, se jeter à l’eau depuis les jupes de Topaze. Des après-midi où les enfants, sans parler la même langue, mais en se comprenant, ont joué sans répit. Le plus terrible pour tout le monde a été de s’arracher à ce bout de sable, la larme à l’œil. Je crois que ces quelques jours resteront les plus intenses de notre séjour dans ces îles.

La suite restera un enchaînement de jours ensoleillés, de pêches à la langouste, aux araignées de mer et au barracuda. La langouste est toujours un sujet de discussion sans fin, je me suis mis un point d’honneur d’en avoir tous les soirs à table, dans le but avoué d’en écœurer Caroline. La mission est, à de rares soirées près, remplie, sauf qu’un mois de ce régime n’a pas suffit à obtenir le résultat escompté. Sans compter qu’au petit jeu de celui qui en attrapera le plus c’est Zacharie qui a eut la plus grosse, les garçons ne changeront jamais. Il y a eu aussi des jours où les crabes jonchaient une jupe et nous ont tous occupé deux heures durant. Le six février nous avons fêté l’anniversaire de Gabrielle. Cinq ans aux San Blas. Il y en a qui ont une chance dont ils n’auront peut-être de souvenirs que les photos qui resteront. Pour fêter ça, Gaby est montée en haut du mât sur la drisse de grand voile. « Même pas peur », elle nous a dit que le paysage était superbe.

Tous ceux qui y sont allés ont confirmé cette opinion.
Après une quinzaine de jours, les produits frais sont venus à manquer, heureusement que la barque du maraîcher est arrivée à notre rencontre, livraison à domicile. C’est un peu incroyable, mais pourtant, une fois par semaine il passe dans les différentes zones de mouillage à la rencontre des bateaux. Dans le décors, ça a quelque chose de magique, photos à l’appui sur ce blog.

Il a bien fallu s’arracher de cet archipel, nous voilà rendus à Isla Grande après une navigation d’une quarantaine de milles au travers tout dessus à huit nœuds de moyenne.

D’ici deux jours nous serons à Colon afin d’organiser notre passage du canal de Panama,et faire le plein du bateau de tout ce qui est venu à manquer au bout d’un mois et demi à six.
Photos des San Blas
Posté par : Christophe
23 Février 2012 à 23h






